Parlez-nous de votre entreprise, de vos activités…

Tout au début de ma carrière j’étais bonnetier, j’habitais Troyes, dans l’Aube, et je travaillais pour les bonneteries. Les usines ont commencé à fermer peu à peu : tout partait à l’étranger. 
J’ai donc décidé de me lancer dans le nettoyage.
Je suis arrivé en Charente-Maritime en 2001, j’ai commencé à travailler dans une société de nettoyage. 
Je me suis lancé en 2006 en indépendant mais en 2013 après des soucis personnels j’ai préféré à nouveau travailler pour une personne. En 2016 l’entreprise a fait faillite. J’ai donc décidé de continuer mon activité en auto-entrepreneur. Mais le statut d’auto-entrepreneur étant limité en chiffres d’affaires, j’ai dû refuser du travail.
En août 21, j’ai créé une SARL et employé une personne à temps complet.

Quel est votre secteur géographique d’activité ?

Ma clientèle se situe autour de 30 km de Marennes, Royan, Ile d’Oléron, Rochefort, toute la presqu’île de La Tremblade, La Palmyre. 
J’ai des clients depuis 15 ans. Nous travaillons avec le professionnel, le particulier, les collectivités. Nous faisons du ménage, les vitres, toute sorte de nettoyage.

Comment se répartit votre activité entre les professionnels et les particuliers ?

À l’heure actuelle, j’ai 60% de professionnels et 40% de particuliers.

Quel sont vos objectifs pour les années à venir ?

Je voudrais me développer. Dans le métier que l’on fait, on n’a pas trop à se plaindre car dans le secteur géographique nous avons beaucoup de personnes âgées, il y a de la demande. De mon côté le seul souci est de trouver du personnel pour travailler. Mon objectif au 1er semestre de l’année ce serait de prendre une femme de ménage à mi-temps. Plus ça avance plus, j’ai de la demande. Aujourd’hui il est difficile de trouver des personnels qui veulent travailler et ce n’est pas que dans mon corps de métier. C’est le cas par exemple dans le bâtiment et chez les ostréiculteurs. 
Il y a un malaise.

Quelles évolutions voyez-vous concernant votre métier ?

Les produits évoluent et sont bien meilleurs qu’il y a 10 ou 15 ans.
Sinon la clientèle de personnes âgées augmente, il y a de plus en plus de demande.

Comment communiquez-vous ?

Par le bouche-à-oreille. Je n’ai pas besoin de pub sur mon camion. Je fonctionne bien ainsi.
Ici dans notre secteur il y a suffisamment de travail. Même s’il y a beaucoup de concurrence. (Je les appelle plutôt des confrères, des collègues, et non des concurrents.) Tout le monde a sa propre clientèle et je peux donner un chantier à un confrère si je ne peux pas le faire. Tout le monde a le droit de travailler selon moi.

Pourquoi avez-vous adhéré à la Coopérative ?

J’avais en tête de faire de la défiscalisation mais avec mon statut d’auto-entrepreneur, je ne pouvais pas sauf si je ne travaillais qu’avec le particulier. 
J’avais même monté un dossier auprès de la Direction départementale du travail et de l’emploi qui m’a dit qu’en changeant de statut c’était possible.
J’avais aussi de plus en plus de demande de nouveaux clients qui souhaitaient bénéficier de défiscalisation donc je perdais ces clients.
J’ai donc investi dans un camion et créé la SARL. Au départ je voulais monter une 2e structure mais mon comptable me l’a déconseillé. Il m’a donc dit de me retourner vers une Coopérative. Je savais que 2 autres sociétés dans mon coin faisaient la même chose et étaient inscrites à la coopérative d’Artisans à domicile. J’ai donc décidé de m’y inscrire aussi.
Aujourd’hui je « transforme » tous les clients particuliers de façon à profiter de la défiscalisation. Ils consomment plus depuis, et ils augmentent les heures : au lieu de m’appeler 2 à 3 fois, maintenant ils m’appellent 5 ou 6 fois.

M.Pedro ESTEVES
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